En 2014, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a signé 2 premières spatiales : la première sonde (Rosetta) qui escorte une comète (au lieu de la survoler) et le premier atterrissage à la surface de l’un de ces astres chevelus (avec Philae, « passager » de Rosetta).
Grâce à mon métier, j’ai suivi cette mission de près, ayant même la chance d’être parfois au cœur de l’événement.

Le 20 janvier 2014, je suis envoyé par la Cité de l’espace en Allemagne à Darmstadt pour suivre le réveil de la sonde Rosetta (en sommeil électronique depuis le 8 juin 2011). Très exactement, je suis à l’ESOC, l’European Space Operations Centre, sorte de tour de contrôle des sondes et satellites de l’ESA.

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Paolo Ferri, l’un des patrons de l’ESOC m’a pris en photo dans la salle principale. Je n’ai touché aucun bouton : c’est pour cette raison (j’en suis persuadé) que tout s’est bien passé !

Peu de temps avant le réveil, j’enregistre un message du directeur général de l’ESA qui s’adresse à tous ceux qui suivent l’événement à Toulouse.

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La joie des équipes de l’ESOC (seule une partie est venue ici dans la salle de presse) faisait vraiment plaisir à voir.
Petit reportage photo sur Enjoy Space.

Le 6 août, pour l’arrivée de Rosetta autour de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, je suis avec Marie Ange au Festival d’Astronomie de Fleurance (un petit coucou à Thierry Duhagon et à toute l’équipe du festival au passage) : les batteries de nos smartphones sont mises à rude épreuve afin de suivre l’événement. Les forfaits data explosent !
Voir l’article Enjoy Space.

Le 15 septembre, je suis au siège parisien de l’ESA : une conférence de presse annonce le site d’atterrissage sur 67P retenu pour Philae.

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Oui, c’est bien Stephan Ulamec, le responsable de l’atterrisseur Philae au DLR (l’agence allemande), qui fait mine de vouloir écraser une maquette du noyau de 67P sur la tête de Matt Taylor, le responsable scientifique de la mission Rosetta à l’ESA !

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Le 17 septembre, Philippe Gaudon du CNES (l’agence française) et l’astrophysicien Jean-Pierre Bibring (sur la photo en haut, respectivement à gauche et à droite) expliquent lors d’une conférence à la Cité de l’espace les enjeux de la mission Rosetta et comment doit se dérouler l’atterrissage historique de Philae. J’en profite pour réaliser une interview (ci-dessous).

Bref, c’est pas gagné… 😉

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Quelques jours plus tard, les 20 et 21 septembre, la Cité de l’espace est le cadre du Space Up Toulouse. Tout le monde évoque Rosetta et Philae. Une conférence de Philippe Gaudon détaille la procédure d’arrivée : il est clair que l’exploit en préparation est à la hauteur des plus grandes heures de l’exploration spatiale.

Arrive enfin le grand jour ! J’arrive à Darmstadt le 11 novembre. Une conférence de presse en soirée confirme que le premier « Go » a été donné pour la poursuite des opérations. Si tout continue comme prévu, on se posera pour la première fois sur une comète le 12 novembre.
Jouant le rôle d’envoyé spécial pour la Cité de l’espace, j’en profite pour réaliser ce petit reportage avec les réactions de 3 scientifiques. Matt Taylor n’hésite pas à « tomber le pantalon » pour montrer son tatouage !

Le grand jour commence très tôt (vers 6h du matin) afin de suivre toutes les étapes. La salle de presse principale de l’ESOC est transformée en plateau TV et deux grands écrans retransmettent les contrôleurs au travail. Tout le monde essaye de savoir si tout se déroule normalement en déchiffrant les expressions sur les visages (ce qui n’est pas forcément plus facile que d’interpréter une télémétrie bourrée de chiffres…).

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Vers 10h, on nous annonce que Philae s’est bien séparé de Rosetta et qu’il tombe vers 67P. Et tomber n’est pas une figure de style : l’atterrisseur n’a aucun moyen de propulsion, il chute donc vers sa cible. Désormais, il faut attendre 7 heures pour savoir si l’exploit sera couronné de succès. Sapristi, quel suspens !
Heureusement, pour éviter de trop me ronger les ongles, je suis plusieurs fois en liaison en direct avec la Cité de l’espace (qui accueillera ce jour-là plus de 6000 personnes), histoire de faire un remake de « Ici à Nagano, il neige de la choucroute » (ceux qui auront vu les JO d’hiver 1998 avec Pierre Fulla comprendront, l’intégrale du direct est en fin d’article).
J’en profite pour interviewer des personnes impliquées dans la mission.

Roger-Maurice Bonnet qui, lorsqu’il fut directeur scientifique de l’ESA, initia la mission Rosetta.

L’astrophysicien Jean-Pierre Bibring qui réagit à chaud après la confirmation de la séparation de Philae.

Paolo Musi, responsable de Rosetta chez Thales Alenia Space, l’un des industriels co-contractants de cette mission (le « prime », l’industriel principal étant Airbus Defence & Space).

Puis à 17h03, la nouvelle tombe : Philae s’est posé. En fait, c’est la réaction de contrôleurs de l’ESOC qui permet de comprendre. Je suis alors en direct au téléphone avec iTélé lorsque ça ce passe. Tout le monde crie de joie autour de moi et je comprends en fait très mal les questions des journalistes de la télé. Mais quel moment !

S’en suivra un suspens puisque Philae a en fait rebondi deux fois. Du coup, pendant un moment à l’ESOC, on se demandait même si la mission n’avait pas échoué. mais le succès est finalement au rendez-vous : article Enjoy Space.

Ci-dessous, montage qui montre la journée du 12 novembre à la Cité de l’espace et l’enthousiasme du public.

À la Cité de l’espace, le samedi qui suit l’atterrissage, Philippe Gaudon explique « l’aventure de Philae ».

À n’en pas douter, une aventure extraordinaire !

Et si vous avez le courage, l’enregistrement intégral du direct vidéo de la Cité de l’espace. Petite anecdote : alors que je filme Jean-Jacques Dordain avec mon iPhone pour transmission « live » avec la Cité à Toulouse (à 7:56:50), la batterie n’est plus qu’à quelques % de capacité… Ouf, ça a tenu !

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